Adriana Mater

Auteur : Maalouf, Amin

Format : 93 pages

Note :

La 4ème de couverture

Dans un pays en guerre, Adriana, une jeune femme passionnée, tombe enceinte à la suite d’un viol. Sa sœur cherche à la convaincre de ne pas garder l’enfant. Adriana répond :  » C’est mon fils, non celui du violeur. C’est à moi qu’il ressemblera !  » Mais elle n’est sûre de rien. Pendant des années, elle se demandera avec angoisse si Yonas, qui porte à la fois le sang de la victime et celui du bourreau, sera Caïn ou Abel. Devenu adulte, le garçon promet de tuer son géniteur. Sa mère le regarde partir sans tenter de l’en dissuader. C’est seulement à son retour qu’elle lui dira :  » Cet homme méritait de mourir, mais toi, mon fils, tu ne méritais pas de tuer « . Un texte magnifique.

Le pitch

5 actes sur le destin d’une femme qui verra sa vie bouleversée à cause d’un viol subi pendant la guerre et dont naîtra un enfant.

Adriana, est une femme libre, déterminée et sans peurs qui va d’abord rejeter le timide Tsargo. L’éconduit devenu milicien, se vengera par la suite (ayant trouvé une fausse assurance pendant la guerre), en cherchant à la soumettre et en la violant. De cette vengeance et humiliation, naîtra Yonas.
Malgré les conseils de sa sœur Refka, Adriana va décider de garder cet enfant, convaincue que Yonas, porte son sang et non celui de son géniteur.
Devenu adulte et découvrant son père biologique, Yonas voudra tuer son père, mais n’y parviendra pas .

L’avis de Marion

C’est un texte magnifique, très sobre et très court.
Lourd de sens, il traite de sujets graves, le viol et la guerre, mais reste malgré tout, plein d’espoir. Le drame est présent, comme dans toute tragédie théâtrale mais la chute est belle et optimiste. Jolie histoire de filiation où l’amour triomphe de la mort, la victime de son bourreau. L’instinct et l’amour maternel prennent tout leur sens. Sont-ils infaillibles ? Peuvent-ils s’accomplir et s’épanouir dans un contexte de violence et de vengeance ? Peut-on pardonner et retrouver son honneur par amour ?

Les quatre personnages sont accompagnés régulièrement par un choeur qui apporte le côté tragédie antique et l’action est entrecoupée par les rêves de chacun, un monde onirique qui entoure l’opéra. On laisse aller son imagination, on s’imprègne du décor, de l’ambiance froide de la guerre dans les Balkans.

Cela reste quand même un style littéraire particulier, d’où ma note.

Pour briller en soirée

Un livret d’opéra est un petit livre, le plus souvent en vers qui accompagne un opéra. C’est l’un des nombreux genres littéraires qu’Amin Maalouf a exploré. Il a également écrit des romans et des essais.
D’origine libanaise, membre de l’Académie Française, si vous voulez avoir une chance d’apercevoir ce magnifique auteur, il vous faudra vous rendre sur une petite île vendéenne, au large de Noirmoutier : l’Ile d’Yeu. Adriana Mater y a d’ailleurs été acheté et dédicacé personnellement par l’auteur.
Vous pourrez lire une biographie beaucoup plus complète dans cet entretien avec Egi Volterrani.

2 pensées sur “Adriana Mater

  • 08/05/2017 à 07:47
    Permalink

    Effectivement Le style est un peu déroutant mais rien que pour la conclusion, je partage ton avis ! C’est beau et émouvant, et surtout inattendu. Merci Du conseil !

    Répondre

Commentez l'article