La perle et la coquille

Auteur : Nadia Hashimi

Format : 576 pages

Note :

La 4ème de couverture

Kaboul, 2007. Depuis qu’il a été enrôlé dans les forces talibanes, le père de Rahima n’est plus que l’ombre de lui-même. Sans lui, sa mère et ses soeurs n’ont pas le droit de quitter la maison.

Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui autorise sous certaines conditions, à travestir une fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Rahima devient alors Rahim, et découvre une liberté qui va faire naître en elle un désir d’émancipation aussi fort que celui qu’éprouva son aïeule, Shekiba, un siècle plus tôt. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Le pitch

Dans ce conte, le récit de 2 femmes afghanes s’entremêle. Celui de Rahima, au début du 21ème siècle et celui de Shekiba, son aïeule, au début du 20ème siècle.

Rahima est une petite fille vivant dans un Afghanistan dirigé par les Talibans, issue d’une famille très pauvre avec un père accroc à l’opium et une mère soumise et restant au foyer.
N’ayant eu que des filles ne pouvant sortir sans être couvertes et accompagnées, et donc aucun fils pour la seconder, sa mère décide de la travestir en garçon faisant d’elle une Bacha Posh. Métamorphosée ainsi Rahima, devenue Rahim, peut sortir faire les courses, aller à l’école et jouer avec les autres garçons, jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. A la puberté elle reprendra son apparence de fille et sera donnée en mariage au chef de guerre.
C’est alors, dans ce quotidien devenu extrêmement difficile à supporter, que Rahima trouvera auprès de sa tante, rebelle et célibataire (à cause d’une infirmité), la force de prendre son naseeb (destin) en main par le biais du récit de l’histoire de son arrière arrière grand-mère Shekiba ayant connu, un siècle plus tôt, une situation similaire.

Shekiba a été mutilée très jeune suite à un accident. Devenue la risée de tous et repoussée par sa famille après la mort des siens, elle passera de main en main, jusqu’à devenir  garde du harem du roi, travestie en homme et fera tout pour être maîtresse de son naseeb.

L’avis de Marion

La perle et la coquille raconte le destin bouleversant de deux femmes, unies par le sang, à des époques très éloignées mais dont l’histoire est finalement intimement liée.
Confrontées toutes les deux à l’oppression, elles lutteront avec courage contre l’ordre des choses, contre cette tradition et ce manque total de liberté et d’éducation destiné aux femmes, dans l’espoir d’un avenir meilleur.

A travers ces deux histoires parallèles, c’est une vision de l’Afghanistan contée sur 100 ans… et la situation a très peu évolué : femmes soumises, mariées de force à des hommes polygames, battues, violées, lapidées… Malgré tout, les 2 héroïnes garderont espoir et détermination et essayeront de trouver cet échappatoire qui les guidera vers le chemin de la liberté.

La lecture est agréable et passionnante. On passe d’un chapitre à un autre, de Rahima à Shekiba sans jamais se lasser et en ayant une réelle impression de lire un conte, mais pas de fées malheureusement. Ici aucune princesse et prince charmant qui vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Nadia Hashimi réussit avec une plume légère a nous tenir en haleine et nous passionner même s’il y a quelques moments assez durs et révoltants. J’ai été complètement embarquée dans cette saga familiale, avec des personnages féminins très forts, dans un contexte de guerre où la loi du plus fort prédomine.
Shekiba et Rahima sont extrêmement émouvantes et courageuses face à tous les défis qu’elles doivent affronter, comme beaucoup de femmes afghanes, filles, mères, épouses et belles-mères (qui font subir ce qu’elles ont subit).

La perle et la coquille est un roman passionnant par son côté historique. Il nous fait voyager, nous fait vibrer, nous émeut et nous révolte. C’est un condensé d’émotions qui nous rappelle qu’il y a encore beaucoup à faire pour la condition féminine dans le monde.

Pour briller en soirée

Lumière sur les bacha posh : en Afghanistan, la femme pour être respectée, doit rester à la maison, s’occuper de l’éducation des enfants, obéir à son mari et se voiler hors de chez elle. Mais surtout, elle doit enfanter au moins un garçon, avec qui elle pourra voir le monde extérieur. Pour éviter ce déshonneur, les Bacha Posh entrent en scène. Cheveux courts et pantalon, on leur offre la possibilité d’un avenir meilleur à durée déterminée…

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