La servante écarlate

Auteur : Atwood, Margaret

Format : 544 pages

Note :

La 4ème de couverture

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles.
Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Le pitch

Dans la république de Giléad, la société est régie par des castes. Exceptées pour les épouses de hauts dignitaires, les femmes ne jouent plus qu’un rôle de faire-valoir. Les Marthas s’occupent de la maison, les servantes de la reproduction.
Toute liberté leur est enlevée et tout acte de résistance semble inenvisageable, de nombreuses personnes sont torturées et pendues sans raisons apparentes.

Defred est une servante. Elle est à la merci d’un haut dignitaire et doit obéir également à son épouse tyrannique.

A travers son regard et ses souvenirs nous découvrons comment le monde en est arrivé là et quels espoirs il peut bien leur rester.

L’avis de Julien

« La servante écarlate » est considéré par beaucoup comme un roman culte. Depuis l’élection de Donald Trump les ventes du roman, qui date tout de même de 1985, ont explosé.
De nombreuses féministes utilisent des slogans tels que « Make Margaret Atwood Fiction Again » (que Margaret Atwood redevienne une fiction) pour parodier le Make America Great Again.

Je ne pouvais donc plus passer à côté de cette oeuvre et j’avais une réelle envie de me faire ma propre opinion…et j’ai adoré.

Le roman est froid, glaçant, oppressant. Ces femmes vêtues de rouge qui ne peuvent s’exprimer qu’en chuchotant pour ne pas se faire remarquer par « les yeux » mettent le lecteur mal à l’aise. Devenues véritables esclaves elles ne doivent leur salut qu’à leur faculté à procréer.

Defred (Of Fred en anglais) vit donc dans une belle demeure mais n’est libre d’aucun de ses actes. Sa seule liberté reste donc, comme Florent Pagny, sa liberté de penser (la référence qui tue !!).
Cette liberté elle aurait même parfois tendance à se l’interdire car il lui est terriblement difficile de penser à son mari et à sa fille, disparus ou morts (?).

Ce roman est effrayant car plausible. Margaret Atwood n’a rien inventé : tous les actes atroces et inhumains de son livre ont existé de par le monde.

Pour terminer je vais en citer un passage.
« C’était après la catastrophe, quand ils ont abattu le Président, mitraillé le Congrès et que les militaires ont déclaré l’état d’urgence. Ils ont rejeté la faute sur les fanatiques islamistes, à l’époque. (…) C’est à ce moment-là qu’ils ont suspendu la Constitution. Ils disaient que ce serait temporaire. Il n’y a même pas eu d’émeutes dans la rue.»

Pour briller en soirée

Margaret Atwood semble être une visionnaire. Lors de l’investiture de D. Trump, pour éviter cette société dans laquelle la femme n’aurait plus que le rôle du « flacon », certaines militantes avaient revêtu de longs manteaux rouges comme Defred. Elles brandissaient  des panneaux « Non à la République de Gilead ».
Dans un article du Monde, Christabelle Sethna professeure agrégée d’histoire confiait : « Nous sommes presque au seuil de Gilead. Ne prenez pour acquis aucune des avancées réalisées au nom des femmes. Faites attention. Soyez vigilantes. Résistez maintenant. »

Il me reste maintenant à aller visionner la série inspirée du roman dont je vous propose la bande-annonce.

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