Le dahlia noir

Auteur : Ellroy, James

Format : 559 pages

Note :

Editeur : Payot & Rivages

Année de parution : 1987

La 4ème de couverture

Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert, le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d’une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée « le dahlia noir » par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir en noir.
Le meurtre est resté l’une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.

Le pitch

Après la seconde guerre mondiale, Los Angeles est une ville déjà monumentale. Y cohabitent toutes les classes de la société.

Lee et Dwight, d’anciens boxeurs de très bons niveaux, sont devenus policiers.
Pour favoriser l’image de la police, un combat est organisé entre eux deux. Il leur permet, par un subtil jeu politique de devenir équipiers et surtout de monter en grade.

C’est à ce moment là que le cadavre d’une jolie jeune femme (qui sera surnommée le dahlia noir) est retrouvé dans un terrain vague. Elle a été torturée pendant plusieurs jours puis coupée en deux.

Ce meurtre prendra vite des proportions énormes. Tous les protagonistes de l’affaire s’y investiront corps et âme. Pour Lee et Dwight, feu et foudre, cela en deviendra même une affaire personnelle.

L’avis de Julien

James Ellroy est un personnage particulier dans l’univers de la littérature américaine. Il me paraît bien dérangé et il ne lui est pas rare, en interview, de hurler à la lune comme ses chiens qu’il vénère. J’ai parcouru un long entretien de James Ellroy et François Busnel dans la revue America. Après cela je n’avais qu’une envie : lire l’une de ses œuvres. Et oui, malgré la présence de nombreux romans noirs sur mes étagères, je n’avais jamais pris en main un Ellroy.

En consultant sa bibliographie, on se rend compte que nombreux de ses romans sont devenus des succès et souvent de fabuleux films : L.A Confidential, American Tabloïd…

Le Dahlia Noir est tiré d’une histoire vraie et, comme tous les romans d’Ellroy, se déroule dans le Los-Angeles de l’après seconde guerre mondiale. Le point de départ de l’affaire est réel, la suite découle de l’imagination fertile de l’auteur.

Lee et Dwight sont d’anciens boxeurs devenus policiers. Une riche amitié va naître de leur rencontre. Kay, la petite amie de Lee, deviendra même un formidable repère pour Dwight « Bucky » Bleichert.

L’investissement qu’ils mettent dans leur travail va leur permettre de pousser (défoncer ?) toutes les portes pour essayer de résoudre ce crime insupportable.

Je ne veux pas trop rentrer dans le détail de l’histoire car les rebondissements sont nombreux et cela n’apporterait rien à ta future lecture de te les dévoiler .

Cependant je peux donner mon ressenti : l’histoire est noire. Cette ville gigantesque est violente. Drogue, alcool, sexe, malversations financières, jeux politiques en sont les caractéristiques principales. Le passé de nos deux héros va avoir tendance à les rattraper. Il leur sera alors difficile de garder une ligne de conduite honnête.

Dwight est notre narrateur. C’est un homme intelligent, intègre mais pas jusqu’à la caricature.
Il est empli de blessures, de failles et l’on sent qu’il a besoin d’un père, d’un frère pour l’épauler et le soutenir. Il m’est difficile de dire que l’on peut s’y attacher. Cependant on peut le comprendre et anticiper, un peu, ses réactions.

Les quelques 600 pages se lisent avec délectation. Le lecteur est plongé dans cette enquête bouillonnante et en ressort lessivé. Un temps mort apparaît aux alentours de la 400ème page. Ce n’est pourtant qu’une respiration pour ce qui sera l’épilogue du roman. C’est haletant, frénésique et je n’ai plus d’adjectifs pour continuer à le décrire. Ah si, glauque correspond également assez bien.

J’ai adoré. La fascination de cette Amérique fonctionne à plein régime. Il me tarde maintenant dans un premier temps de regarder le film de Brian de Palma et surtout de lire d’autre Ellroy.

L’épilogue d’Ellroy est à lire absolument pour comprendre la folie de cet homme et ce besoin de sauver, toutes les femmes, à travers ses livres.

Pour briller en soirée

Dans son épilogue, Ellroy évoque longuement le film de Brian de Palma et semble lui vouer un grand respect.
Le film a été tourné en 2006, presque 20 ans après le roman.
Le rôle de Dwight a été interprété par Josh Hartnett et celui de Lee par Aaron Eckhart qui ont du se mettre à la boxe !
La distribution des actrices est plutôt intéressant également : Scarlett Johansson joue Kay et Hilary Swank tient le rôle de Madeleine (je n’en parle pas dans ma chronique mais Madeleine a son importance).

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