Le front russe

Auteur : Lalumière, Jean-Claude

Format : 252 pages

Note :

La 4ème de couverture

« On vous envoie sur le front russe ! C’est vache pour un nouveau. »
Le grain de sable, on croit le connaître, mais il peut prendre bien des aspects. Celui qui vient soudainement gripper la carrière de fonctionnaire diplomatique, benoîte et prévisible, du héros du Front russe, formé à l’exotisme par une lecture méticuleuse de Géo, adopte celle d’un attaché-case. Grande chose noire et anguleuse, cadeau de maman. À l’heure de l’entrée en fonctions, un chef de service vient y donner du genou. En découle une lésion au front assortie d’une mutation sèche, aux confins de l’empire, sur le «front russe», service voué au «pays en voie de création – section Europe de l’Est et Sibérie». Usant de cette officine diplomatique (située dans le néo-XIIIe, «sorte de Broadway faussement high-tech») comme base opérationnelle, notre homme va répondre à une rare vocation de gaffeur lunaire et de planificateur de catastrophes, plus désopilantes les unes que les autres, qui renforceront l’exil de notre homme sur le « front russe », entre Boutinot, le chef de service, Aline, fugace maîtresse et quelques collègues improbables.

Le pitch

Rêvant de parcourir le monde, après avoir mille fois tourné les pages de ses magazines Géo durant son enfance, le narrateur va alors passer le concours du Ministère des affaires étrangères. Il l’aura de justesse. Malheureusement, le quai d’Orsay ne mène pas toujours à de lointaines contrées. Notre héros se retrouvera donc sur « le front russe », au « bureau des pays en voie de création/section Europe de l’Est et Sibérie », à Paris, proche de la gare d’Austerlitz.

Sorte de placard dans lequel l’administration relègue ses éléments perturbateurs et problématiques, il va y vivre de nombreuses péripéties. Elles le rendront parfois héros d’un temps et parfois bouc émissaire. Un brin gaffeur, le jeune fonctionnaire idéaliste va aller de désillusion en désillusion mais tout faire pour s’en sortir, évoluer et voyager.

L’avis de Marion

Le front russe n’est donc pas « encore » un roman sur la guerre mais plutôt une satire de l’administration française. Avec humour, l’auteur nous dépeint une vision assez cruelle et sauvage de la bureaucratie et des chaises tournantes des ministères.

Le héros n’est pas vraiment un héros, ni vraiment un raté puisqu’il arrive à des résultats mais sans jamais réussir grand chose. Il est cependant à la fois sympathique et énervant par ce manque de veine et son fatalisme. En effet, il subit les situations jusqu’à se résoudre à son destin et abandonner ses rêves d’exotisme.

Ce n’est pas un livre noir et dépressif, tout est tourné en dérision avec beaucoup de personnages secondaires très caricaturaux. Assez cynique, malgré une fin peu optimiste, c’est agréable à lire et il est savoureux de suivre les « non-aventures » de ce héros désenchanté.

Je reproche tout de même le côté répétitif du comique de situation où le narrateur devient systématiquement le héros d’un temps puis par malchance ou maladresse, tout se retourne contre lui, jusqu’à la mutation.

On rit, jaune, d’une histoire qui finalement pourrait se rapprocher du quotidien de beaucoup.

Pour briller en soirée

Jean-Claude Lalumière s’est inspiré de ses diverses expériences professionnelles pour écrire cette satire de la bureaucratie.

Il a reçu en 2011 le prix Jeune Mousquetaire du premier roman.

Le roman a été édité par la maison d’édition Le Dilettante. Cette maison a la particularité d’avoir d’abord été une librairie d’ouvrages épuisés, un collectif d’amis et d’habitants du même quartier.
Son catalogue comprend notamment Olivier Adam, Romain Puértolas, Jackie Berroyer, Anna Gavalda ou Jacques Gamblin.

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