Le garçon qui courait

Auteur : Lorrain, François-Guillaume

Format : 224 pages

Note :

Editeur : Sarbacane

Année de parution : 2017

La 4ème de couverture

Courir pour survivre, pour combattre, pour résister.
« Quand Kee-Chung courait, il n’y avait plus de Japonais.
Sous ses foulées, la terre redevenait coréenne.
Il traçait de nouvelles frontières. »
D’après l’incroyable et bouleversante histoire vraie de Sohn Kee-Chung, le premier coréen à avoir remporté l’épreuve du marathon aux J.O de Berlin, en 1936  – alors que la Corée, annexée par le Japon, n’existait plus.

Le pitch

Depuis que la Corée est devenu une province japonaise, la famille de Kee-Chung subit comme tant d’autres des brimades et des privations.
Son grand frère, Hyo-Dong est un brillant étudiant qui ose lors d’une remise des prix s’opposer à ses oppresseurs. C’est ce jour là que le jeune Kee-Chung découvre le plaisir incroyable qu’il peut prendre à courir et surtout son formidable potentiel.
Ce potentiel il l’utilisera d’abord pour aider sa famille en allant acheter des produits en courant jusqu’en Chine. Il l’utilisera ensuite en devenant un formidable coureur, figure adulée encore aujourd’hui en Corée.

L’avis de Julien

Le sport et en particulier la course à pied sont pour moi de véritables passions.
Mes proches peuvent sans problème en témoigner.
Pourtant pour répondre à la célèbre locution latine, anima sana in corpore sano, la littérature est une autre de mes passions.

Je dois avouer que jusqu’à maintenant il m’a été difficile de lier les deux. Lire en courant, c’est compliqué et lire un bon bouquin sur la course l’est tout autant.
Il me revient à l’esprit l’autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Murakami plutôt intéressant et marche ou crève de Bachman (alias Stephen King) qui à sa manière parle des courses ultra (100 coureurs au départ, si tu descends en dessous de la vitesse autorisée… bang !).

Et bien, j’ai beaucoup aimé Le garçon qui courait de François-Guillaume Lorrain.
L’histoire de ce petit coréen  qui court dans un premier temps pour survivre puis pour aider son pays est magnifique. Sa victoire au marathon sous bannière Japonaise est splendide. Pourtant les photos de son podium ne respirent pas la joie mais plutôt la honte de porter ce drapeau sur la poitrine.

L’écriture est plutôt sobre et efficace et le roman se lit d’une traite. Il m’a fallu cependant arriver aux derniers chapitres pour me faire un avis tranché. C’est en effet à ce moment là que j’ai été saisi par une belle émotion. La même émotion que je ressens parfois lors d’une belle histoire sportive.

Je conseille donc fortement cette lecture !

L’un des derniers souhaits de Kee-Chung a été qu’un marathon soit créé en son nom pour favoriser la paix et la réunification des deux Corée. Ce n’est pas gagné, mais qui sait, peut-être que le sport réussira là où tant de politiques ont échoué ?
D’ailleurs les deux Corée vont défiler ensemble lors de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang. Premier pas ?

Pour briller en soirée

La carrière sportive exceptionnelle mais brève de Kee-Chung (13 marathons en 3 ans dont 10 victoires) me permet de rebondir sur l’histoire du marathon.
La légende raconte que Philippides, en 490 avant JC, est un messager qui a parcouru la quarantaine de km séparant Marathon d’Athènes. Il s’est alors effondré, mort, après avoir transmis la nouvelle de la victoire : « Nenikekamen » (nous sommes victorieux). Une autre version raconte qu’il avait auparavant relié Athènes à Sparte pour demander de l’aide (250 km). Ce trajet a donné naissance au Spartathlon.

Aujourd’hui le marathon est toujours une discipline très prisée, aussi bien par les sportifs de haut niveau que par les amateurs. L’un des plus grands fantasmes sportifs reste la descente symbolique sous les 2 heures. De nombreuses marques sportives s’investissent dans cette réalisation.
Pour information, Kee-Chung avait gagné les Jeux Olympiques de Berlin en 2 h 29 min et 19 secondes. Le record du monde est aujourd’hui détenu par le kenyan Dennis Kimmeto en 2 h 2 min et 57 secondes.

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