Le meilleur des mondes

Auteur : Huxley, Aldous

Format : 285 pages

Note :

La 4ème de couverture

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’oeuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps. Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique. »
Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes…

 

Le pitch

Depuis quelques années j’avais envie de lire ce livre. En effet, Le Meilleur Des Mondes est peut-être avec 1984 le plus célèbre roman d’anticipation dystopique.
Un Etat tout puissant empêche le peuple d’accéder au bonheur. L’épanouissement personnel, les passions, l’amour sont considérés dans ces sociétés imaginaires comme des facteurs d’instabilité.
La société imaginée par Huxley est compartimentée en différentes castes. Les Alphas en forment l’élite. Ils sont beaux, grands, intelligents. Les Bétas forment également une caste considérée comme supérieure.
Les Gammas, les Deltas et les Epsilons sont les groupes inférieurs.
Cependant, personne n’est envieux : dès leur plus jeune les enfants sont conditionnés afin d’apprécier leur futur boulot, leur rang social…
« Et c’est là […] qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement. Faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper. »
Les activités de loisir sont pensées pour rendre l’humain encore plus consommateur et la solitude est bannie.
La sexualité est débridée et les partenaires multiples et variés. Il est en effet mal vu de n’avoir qu’un seul « compagnon de jeu ».

D’ailleurs, notre mode de reproduction n’existe plus : père et mère est un concept qui n’a pas cours dans l’Etat Mondial. Des incubateurs créent des foetus, conditionnés eux aussi à leur destination future.

Enfin, si vraiment ça ne va pas, le Soma, drogue officielle, à priori sans danger, vous offre un congés de quelques heures à quelques jours.

Après avoir posé le contexte de l’oeuvre je m’interroge : j’ai aimé ou pas ? Et bien, c’est assez dur à dire.
3 parties distinctes apparaissent.

L’avis de Julien

La première nous fait découvrir ce qu’est l’Etat Mondial et c’est extrêmement bien fait. Pour résumer, c’est une sorte de fourmilière géante dans laquelle le tout est plus important que l’individu. Un personnage apparaît, Bernard. C’est un alpha mais il n’est pas tout à fait comme les autres : un peu moins beau, un peu plus individualiste, il fait la pire des choses : il s’interroge.
5 étoiles pour cette partie.
Pendant la deuxième partie, le lecteur se retrouve dans une réserve. L’Etat ne l’a pas colonisé car elle n’avait pas d’importance,  n’étant source d’aucune richesse. Des hommes y sont parqués et y vivent comme ils l’entendent, à l’ancienne. Ce serait notre société. Cependant, les comportements sont étranges, et ils acceptent la présence des « êtres supérieurs » qui viennent comme au zoo.
Tu l’as compris, j’ai beaucoup moins aimé ce passage.

3 étoiles seulement.

Enfin, John, Monsieur Le Sauvage, est introduit dans l’Etat Mondial et nous le suivons face à ses déboires, face à ses interrogations. Il se questionne énormément et ne peut accepter la déchéance de l’Humain. Je n’en dis pas plus pour ne pas divulguer plus d’information.
3 étoiles également.

En conclusion,

j’ai donc beaucoup aimé, et je trouve que c’est ce qui fait la force du roman, la société imaginée par Huxley. En quelques pages il nous plonge dans un imaginaire riche et, plus effrayant, presque crédible. Pour les cinéphiles j’avais l’impression de me replonger dans Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol.  L’histoire m’a cependant un peu moins emballée.
C’est un classique de la littérature d’anticipation et je pense que tout amateur doit l’avoir lu. Ces dystopies sont vraiment un genre particulier et te mettent réellement mal à l’aise. Ne t’attends pas à un roman plein d’optimisme !
Pour les moins fans de SF, je pense cependant qu’il y en a d’autres à lire pour s’habituer à ce type de lecture.

Pour briller en soirée

Aldous Huxley est mort le même jour que J.F.Kennedy. Sur son lit de mort il demanda à sa femme une injection de LSD intra-musculaire. Elle lui en fit donc deux et son mourut paisiblement.
Son roman le plus célèbre, a été rédigé en environ 4 mois à Sanary-Sur-Mer.

Un autre roman est cependant considéré comme le premier d’anticipation dystopique : Nous de Ievgueni Zamiatine dont une nouvelle traduction vient d’être écrite.

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