Le mystère Henri Pick

Auteur : Foenkinos, David

Format : 288 pages

Note :

Editeur : Gallimard

Année de parution : 2018

La 4ème de couverture

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

Le pitch

A Crozon, en Bretagne, Jean-Pierre Gourvec a créé au sein de la bibliothèque dans laquelle il travaille une session qui recueille les manuscrits refusés par les maisons d’édition. Les auteurs déçus sont invités à y déposer leurs textes personnellement.

Des années plus tard, Delphine, jeune éditrice chez Grasset, alors en vacances dans la région avec son amoureux Frédéric (auteur de l’échec commercial La Baignoire), va y découvrir un chef-d’œuvre, Les dernières heures d’une histoire d’amour, d’Henri Pick. Cette histoire met en parallèle la fin d’un couple et l’agonie de Pouchkine.

Malheureusement, l’auteur présumé, pizzaïolo local, est décédé 2 ans auparavant. Et sa veuve et sa fille affirment ne l’avoir jamais vu écrire ni même ouvrir un livre de son vivant.

Le mystère qui plane sur l’écriture de ce roman, publié à titre posthume,  est d’autant plus problématique qu’il va devenir, à sa sortie, un véritable phénomène. Cela aura des conséquences sur l’entourage d’Henri Pick, complètement dépassé par les événements, suscitant interrogations, bienveillance et jalousie.
Le succès réveillera les sceptiques qui se feront une joie de contredire tout ce qui a été raconté autour du roman. Notamment, Jean-Michel Rouche, ancien critique littéraire du Figaro mis sur la touche, qui va mener l’enquête et tenter de redevenir ce qu’il était.

L’avis de Marion

En règle générale, les livres qui parlent de livres, ça me plait !
Avec L’affaire Henri Pick, j’ai été gâtée. Ça parle d’écrivain, d’édition, d’écriture, de communication, des média… mais aussi de famille, de transmission, d’amour… avec une touche d’enquête policière.

Dès le début, Foenkinos nous capte et jusqu’au bout, il fera durer le suspense. Avec brio, il réussit à nous raconter une histoire dans l’histoire, de façon à ce que la clé du mystère devienne même presque secondaire. L’environnement et le contexte sont tout aussi passionnants et importants que l’intrigue du livre.

On y découvre le monde de l’édition et la vie d’un livre, de son écriture à bien après sa sortie. L’importance de l’histoire mais pas que. Il s’agit d’une réflexion intéressante sur tout ce qui entoure un possible succès littéraire, notamment le marketing éditorial élaboré autour de l’auteur, de sa vie, de ses succès, de son inspiration.

On prend conscience également de l’impact que peut avoir une soudaine célébrité et comment il est facile de se projeter et d’adhérer à une histoire qui nous arrange, quand elle est joliment racontée. La femme d’Henri Pick d’abord indécise a finalement imaginé quelle période de leur vie de couple a pu inspirer son mari pour l’écriture de son roman. La vie est une histoire qui varie selon comment on se la raconte.

J’ai apprécié la façon dont l’auteur inclue dans son histoire et ses personnages fictifs, des éléments du réel. On croise dans L’affaire Henri Pick beaucoup de gens de l’édition comme François Busnel, Frédéric Beigbeder, Bernard Lehut. Tout le monde en prend pour son grade, les auteurs, les éditeurs, les lecteurs, les bibliothécaires !

Ce roman à la fois lucide et ironique est très humain et très simple. C’est une lecture distrayante qui met en avant les gens, les oubliés et les discrets. Il y a de l’espoir, du désespoir. Ca fait sourire, ça creuse les méninges, ça tient en haleine.

J’ai été toutefois un peu déçue par la fin et aurais préféré m’arrêter avant l’épilogue.

Si tu cherches une lecture légère pour profiter des premiers rayons de soleil, fonce ! 

Citation

« Une chose est certaine : l’enthousiasme et la passion de Gourvec pour sa bibliothèque n’ont jamais faibli. Il recevait avec une attention particulière chaque lecteur, s’efforçant d’être à l’écoute pour créer un chemin personnel à travers les livres proposés. Selon lui, la question n’était pas d’aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d’avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire. »

Pour briller en soirée

La bibliothèque des manuscrits refusés existe réellement et a été inspirée par une idée tirée du roman L’avortement de Richard Brautigan, publié en 1971. Elle a été créée en 1990, à Burlington, dans l’État du Vermont. Depuis 2010, la bibliothèque et sa collection sont installées au Clark County Historical Museum de la ville de Vancouver, dans l’État de Washington. 

http://www.thebrautiganlibrary.org/

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