Les Délices de Tokyo

Auteur : Sukegawa, Durian

Format : 240 pages

Note :

Editeur : Albin Michel

Année de parution : 2016

La 4ème de couverture

 » Ecouter la voix des haricots  » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Le pitch

Sentarô, ancien taulard, a été contraint, à sa sortie de prison à devenir un Doraharu, marchand de Dorayaki, (pâtisserie à base de An, pâte sucrée de haricots rouges), pour rembourser ses dettes.

Sentarô, est morose et subit son quotidien routinier. Il n’est pas passionné par son travail, ni par sa vie. Sa boutique ne connait pas une grosse affluence et le peu de clientèle qu’il a, majoritairement des collégiennes bruyantes, l’insupporte.
Jusqu’au jour ou Tokue, une vieille femme de plus de 70 ans, le sollicite pour travailler avec lui, dans sa boutique et lui offrir ses talents de pâtissière. D’abord sceptique, notamment à cause de ses handicaps physiques flagrants (ses mains sont difformes et son visage marqué suite à une maladie contractée dans son enfance), il va finalement, après avoir goutté sa pâte de haricots, se laisser convaincre. Mais à la seule condition que Tokue ne fasse que la cuisine et reste dans l’arrière-boutique pour ne pas effrayer la clientèle. Son objectif étant avant tout, de faire décoller les ventes et quitter cette échoppe dont il a la gérance.

Malgré ses craintes et grâce aux dons et la sagesse de Tokue, les clients vont affluer, dont Wakana, une collégienne très curieuse. Va alors se créer entre ce trio improbable, une amitié encore plus improbable, avec pour unique témoin un cerisier qui marque le fil des saisons.

L’avis de Marion

Les délices de Tokyo est un récit très poétique dont j’ai vraiment apprécié la lecture.

Cette rencontre intergénérationnelle complètement insolite entre ces êtres que tout oppose mais qui finalement se ressemblent plus qu’ils ne se l’imaginaient, est très touchante. Ils se croisent au détour de leur chemin de vie et quand l’un cherche sa place, l’autre cherche un but à sa vie.
C’est poétique, c’est optimiste, authentique et émouvant mais surtout très pudique et juste.

Une histoire simple qui débute comme une fable.
Dans la première partie, Sukegawa décrit. Il transmet l’art de la pâtisserie de façon réaliste, telle une science. C’est une partie légère, aux mille senteurs qui nous met l’eau à la bouche à chaque page tournée. On ressent tout l’amour de l’auteur pour cet art et ce savoir-faire.

La deuxième partie est plus dure au niveau de l’histoire mais pas dans l’écriture. Elle nous livre, avec toujours autant de délicatesse, les secrets de chacun et relate surtout d’un pan peu glorieux de l’histoire du Japon. Une remontée vers le passé qui va réveiller les souffrances et les blessures. Les corps et les cœurs témoignent et se révèlent. Et au travers des thèmes abordés, comme la solitude, la honte ou la résilience, l’auteur nous interpelle sur le sens de la vie et la transmission.

Plein d’empathie, c’est un joli roman doux, sucré et poignant, comme je les aime !

Citation

Et si ni moi ni les humains n’existions, qu’en serait-il ? Pas seulement les humains, si le monde était privé de tous les êtres doués d’émotion, qu’en serait-il ? Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement. Vous ne trouvez peut-être mégalomane, patron. Mais cette façon de penser m’a transformée. Nous sommes nés pour regarder ce monde, pour l’écouter. C’est tout ce qu’il demande . Et donc, même si je ne pouvais pas devenir professeur, ni travailler, ma venue au monde avait un sens.

Pour briller en soirée

Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon.
Evidemment, en tant que fins lecteurs, gourmands et gourmets, on ne pouvait pas passer à côté de la recette des Dorayaki, pâtisserie qui doit son nom à sa forme évoquant un gong, dora en japonais. Ils ont connu un succès grandissant, grâce à l’adaptation cinématographique des Délices de Tokyo au cinéma (sélectionné à Cannes dans la catégorie Un certain regard).
Voici la recette illustrée et en vidéo.
Bonne dégustation !

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