Les fantômes du vieux pays

Auteur : Hill, Nathan

Format : 720 pages

Note :

Editeur : Gallimard

Année de parution : 2017

La 4ème de couverture

Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d’âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu’il est à jouer en ligne au Monde d’Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère, qui l’a abandonné à l’âge de onze ans. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d’elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes. Des émeutes de Chicago en 1968 au New York post-11-Septembre en passant par la Norvège des années quarante et le Midwest des années soixante, Nathan Hill s’empare de l’Amérique d’aujourd’hui et de ses démons et compose avec beaucoup d’humour une fresque aussi ambitieuse que captivante.

Le pitch

Samuel Anderson, professeur d’anglais et écrivain d’un temps, gamer solitaire et assidu, n’a plus de nouvelles de sa mère depuis qu’elle a quitté le domicile conjugal, laissant derrière elle mari et enfant, alors qu’il n’avait que onze ans.

Vingt ans plus tard, Faye Andresen-Anderson, mère de Samuel et sexagénaire, réapparaît dans sa vie, après avoir été arrêtée pour avoir lancé des cailloux sur le gouverneur Packer, candidat à la présidence des Etats-Unis, dans un parc de Chicago. Les médias se déchaînent et en peu de temps, révèlent le passé de celle qui sera surnommée Calamity Packer et accusée de terrorisme.

L’éditeur de Samuel va profiter de cette aubaine, sentant le succès et va l’obliger à écrire un roman à charge sur sa mère. Encore faut-il que Samuel la connaisse. Il va donc commencer à enquêter sur le passé de Faye et redécouvrir le sien pour avancer dans son présent au travers de l’histoire de son pays.

L’avis de Marion

Il y a des livres passionnants, qui se lisent d’une traite mais dont il est difficile d’en faire le résumé et encore plus d’en exprimer son ressenti. Tel est le cas de cette fresque romanesque de 700 pages, gros pavé certes, mais roman addictif et original par sa forme et son histoire.

Les fantômes du vieux pays est le premier roman de Nathan Hill. Il retrace l’histoire des Etats-Unis depuis 1968 à nos jours, par l’intermédiaire d’un moment de vie de Faye Andresen-Anderson et de son fils Samuel. Ce n’est donc pas une histoire mais plusieurs que l’auteur a choisi de raconter : la vie dans un campus lors des émeutes de Chicago en 68, l’amitié et l’amour entre adolescents, l’addiction aux jeux vidéo, le monde de l’édition et des médias…
Autant te dire, qu’il y en a des choses à dire pour présenter ce livre !

J’ai beaucoup apprécié ce roman tout d’abord car il multiplie les genres et les thèmes. C’est une histoire très complexe, non linéaire, avec des sauts dans le passé, qui raconte à la fois l’histoire de Faye et celle de Samuel.

Il y a un parallèle entre les générations qui avancent avec les mêmes difficultés, les mêmes illusions et désillusions mais pas les mêmes moyens. Le monde virtuel des geeks n’est finalement pas si éloigné que celui des hippies.
Pour tous, il existe toujours une seconde chance. Chacun façonne sa vie en se basant sur son passé, son vécu et celui de ses parents. Les racines familiales et les traditions sont également des thèmes traités. Samuel, en quête de lui-même et de reconnaissance se découvrira en enquêtant sur sa mère et son parcours.

Il a fallu 10 ans à Nathan Hill pour écrire ce livre, extrêmement documenté. Chaque personnage, principal ou secondaire, chaque univers (les geeks, les politiques, les hippies, les profs…) sont détaillés et analysés de façon plus ou moins cynique et drôle. Cela amène des longueurs que l’on oublie facilement, une fois la dernière page tournée. Ne reste alors que les rebondissements, l’effet de surprise final, un attachement aux personnages et la mise à jour de quelques faits historiques.

A travers ce livre, Nathan Hill dresse un portrait assez caricatural des Etats-Unis en mettant en avant toutes les contradictions et les ambiguïtés que l’on connait, liberté, progressisme, modernité / puritanisme, religion, bien-pensant.

L’histoire met un peu de temps à se mettre en place. Il m’a été difficile de cerner au départ où l’auteur voulait en venir et quel était son but. Mais finalement, chaque détail a son importance et apporte de la richesse au roman. Après quelques pages, on y plonge la tête la première et on reste en apnée jusqu’au bout. Nathan Hill arrive à nous faire rire mais aussi à nous émouvoir. Certains passages sont assez durs et poignants, d’autres, un peu tirés par les cheveux mais n’empêchent aucunement de prendre plaisir à la lecture.

Alors pour résumer, Les fantômes du vieux pays c’est un roman satirique, un roman d’amour, une fresque romanesque, un livre avec du suspense, un roman politico-historique, un roman psychologique qui traite des rapports humains… et tout ça dans SEULEMENT 700 pages ! Pavé, qui a dit pavé ??!!

Pour briller en soirée

Mais que s’est-il passé à Chicago en 1968 ? 

68 à Chicago est connu à travers les émeutes qui secouent la ville en avril 1968 et les affrontements qui ont lieu à l’occasion de la Convention démocrate d’août. 

Le 4 avril, Martin Luther King est assassiné à Memphis et dans les jours qui suivent, plus d’une centaine de villes connaissent des émeutes sanglantes y compris à Chicago où le maire d’alors donne l’ordre à la police de « tirer pour tuer » sur les émeutiers.
Quelques mois plus tard, c’est au tour de Robert Kennedy, le frère du président, de tomber sous les balles d’un assassin.

Alors que les débats de la Convention démocrate se poursuivaient dans l’Amphithéâtre international, la dizaine de milliers de manifestants venus à Chicago pour exprimer leur opposition avec la guerre du Vietnam autour de défilés, de grands rassemblements et d’un « festival de la vie » se heurta aux forces de police de la ville, assistées de la garde nationale, qui répriment sauvagement cette manifestation pour la paix, déterminées à empêcher tout désordre dans la ville transformée pour l’occasion en camp retranché.

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