L’étrange destinée d’un homme trois fois français

Auteur : Obrejan, Maurice

Format : 284 pages

Note :

La 4ème de couverture

Maurice Obrejan a 17 ans en 1941 lorsqu’il manifeste à ses parents sa volonté de rejoindre le Général de Gaulle à Londres. Hélas ! son destin est tout autre. Juif, déchu de la nationalité française bien que né en France, il est arrêté en 1942.
N’acceptant pas de céder au chantage de l’inspecteur de police qui lui propose de le libérer s’il lui livre l’endroit où son père fait de la résistance, il est transféré avec sa mère, ses deux frères et sa petite sœur au camp d’internement de Drancy, puis livré aux autorités SS qui les déportent dans les camps de concentration nazis.
Séparé des siens, il vit une incroyable succession de drames et de coups de chance qui lui permettent de faire de la résistance et d’en sortir vivant à la Libération… mais seul rescapé de sa famille.

Il nous raconte sa bouleversante histoire pour que le souvenir de l’Holocauste demeure vivace, dans l’espérance que les hommes avisés éviteront le renouvellement de pareilles atrocités.

Le pitch

Maurice est un jeune homme juif qui vit avec sa famille, composée de sa mère, son père et ses frères et soeurs. Son père est résistant et Maurice devient le chef de famille. Il refuse alors que sa famille est arrêtée de révéler au policier français où se cache son père.

Ils sont alors transférés au camp d’internement de Drancy. A partir de là, la famille sera séparée et commencera pour Maurice un terrible trajet en train vers Langenstein-Zwieberge, succursale du camp de concentration de Buchenwald.

Il survivra à des brimades, des transferts, des coups, à la maladie et nous découvrirons avec lui la vie dans les camps.

Maurice est malin et pendant toutes ses années d’internement il ne cessera jamais d’espérer et de lutter.

L’avis de Julien

Les livres sur l’Holocauste sont toujours durs et émouvants. Celui-ci n’échappe pas à la règle.
Maurice perd sa famille, son enfance, ses illusions sur l’être humain.
C’est un témoignage et c’est aussi un souhait qu’il  avait émis pendant ces terribles années. Il survivrait pour pouvoir faire en sorte que tout ceci ne se renouvelle jamais.

J’ai longuement hésité à noter ce livre. Comment juger une œuvre qui traite d’un sujet aussi grave ?
Qui suis-je pour me permettre d’évaluer l’écriture d’un homme ayant traversé de telles tragédies ?

Ce témoignage est celui d’un homme qui n’est pas forcément un écrivain. Je pense (et me trompe peut-être) qu’une certaine pudeur l’empêche parfois de nous dire la peine, la peur, la haine, qu’il ressentait à cette époque. A mon sens c’est dommage. C’est cependant certainement un choix, les faits décrits suffisent à montrer l’horreur et l’inhumanité.

J’ai aussi parfois été un peu gêné par les dialogues que je trouvais un peu artificiels. Les constructions de phrases sont parfaites, le vocabulaire soutenu. C’est bien écrit, notre langue s’est dégradée depuis, mais je ne pense pas que les déportés échangeaient ainsi.

Malgré ces quelques critiques, j’ai aimé ce livre. Maurice Obrejan aura réussi la mission qu’il s’était fixée : témoigner et transmettre l’horreur.

Drancy, Buchenwald, Auschwitz (pour les autres membres de sa famille), le terrible parcours de Maurice Obrejan ne laissera personne insensible.

Pour briller en soirée

Maurice Obrejan a été le premier visage de Bébé Cadum.
Il a été en effet choisi par la marque en 1925 après un concours.
Le diplôme a malheureusement disparu pendant le pillage de l’appartement familial à Nogent par les allemands.
Des repreneurs ont de nouveau utilisé son image en 2005 comme il le raconte dans une interview
Maurice Obrejan est mort en juin 2017

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