Potsville, 1280 habitants

Auteur : Thompson, Jim

Format : 271 pages

Note :

La 4ème de couverture

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, au début du vingtième siècle, Nick Corey évite de trop se fatiguer à se mêler des affaires de ses administrés.
Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public.
Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et pourrait bien perdre son poste aux prochaines élections.
Il décide donc de commencer à faire le ménage…

Le pitch

Pottsville, 1280 habitants, est un roman que j’avais envie de lire depuis un moment. Le contexte (Etats-Unis au début du 20ème siècle, la vie de shérif dans un bled de l’Amérique profonde) ainsi que la controverse quant à la traduction française et aux 5 habitants disparus (voir plus bas) avaient titillé ma curiosité.

Nick est un shérif ne souhaitant qu’une seule chose : qu’on le laisse tranquille. Il ne se préoccupe pas des affaires de ses administrés, qu’on le laisse vivre en paix !
Cependant, les élections approchent (oui, les shérifs sont élus) et sentant le vent tourner, il risque de perdre son boulot.
Nick Corey va donc devoir se bouger un peu pour (re?)gagner l’estime de ses concitoyens.

Contrairement aux apparences, il se révèle être bien plus intelligent qu’il n’y paraît. Manipulateur, immoral, nous allons vite comprendre qu’il est prêt à tout, même au pire…

L’avis de Julien

Le roman est enrobé dans un cynisme plutôt permanent, un humour noir décapant, un racisme omniprésent et pour couronner le tout notre shérif est un homme à femmes et aucune ne lui résiste…

J’ai trouvé d’ailleurs qu’il y avait quelques similitudes avec la série Banshee, bien que Nick soit finalement beaucoup plus sombre que Lucas Hood !

La somme de tout cela fait que j’ai beaucoup apprécié ce roman.

Il me plaît à te citer un passage du roman afin que tu te mettes dans l’ambiance :
« Au sujet du double meurtre, ils sont presque tous du même avis que Robert Lee Jefferson : pour eux, c’est une affaire classée. Oncle John a tué Tom, et puis Tom, tout mort qu’il était déjà, a tué Oncle John. Ou réciproquement. »

La fin du roman est cependant un peu abrupte me laissant un peu sur ma faim. En avançant dans ma lecture et en voyant qu’il ne restait que peu de pages, je me demandais comment Jim Thompson allait bien pouvoir conclure son histoire.

Je m’interroge également : tous les commentaires, la 4ème de couv et de nombreux avis laissent à penser que Nick est devenu cet être manipulateur et criminel pour sauver sa carrière, pour rester shérif. J’ai du mal à y croire, et j’aurais tendance à penser qu’il n’en était pas à son coup d’essai.
Si tu l’as lu, n’hésite pas à me donner ton ressenti !

Pour briller en soirée :

Les fans de Jim Thompson reprochaient à la traduction française précédente ses très nombreuses inexactitudes (les années pendant lesquelles se déroulent l’histoire notamment) et ses coupes franches.
L’erreur la plus marquante est évidemment la traduction du titre : Pop.1280 étant devenu 1275 âmes. A priori, au moment de la parution du livre, les romans policiers étaient considérés comme de la sous-littérature. Pour cette raison le minimum syndical était alloué aux traductions. Cela n’explique toutefois pas vraiment ces 5 habitants perdus…
Pop. 1280 a été adapté au cinéma par Bertrand Tavernier sous le titre Coup de Torchon. L’action se déroule alors en Afrique coloniale juste avant la seconde guerre mondiale.

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