La saga de Youza

Auteur : Baltouchis, Youozas

Format : 375 pages

Note :

Editeur : Pocket

Année de parution : 1993

La 4ème de couverture

Au bout d’un champ de seigle, une rivière.
Plus loin, la forêt puis les marais du Kaïrabalé, une longue étendue de vasières noires prêtes à engloutir tout intrus…
Un seul homme sait contourner ces marécages : Youza le passeur solitaire, qu’un terrible chagrin d’amour a conduit à vivre là. Mais l’histoire de son pays, la Lituanie, le rattrape dans son sanctuaire.
Les révolutions se succèdent, et qu’ils soient russes blancs, bolcheviks, fascistes ou partisans, tous viennent se réfugier dans sa cabane…

Le pitch

Youza, « à la suite d’une douloureuse déception sentimentale » (oui, c’est une référence musicale ! sois le premier à donner en commentaire le titre et le chanteur et tu gagneras le respect éternel de Cassiopée, on te fait confiance sans chercher sur le net), décide de s’isoler du monde.
Il ne part pas très loin de son village mais dans une zone marécageuse sur laquelle personne n’a jamais vécu.

Tout est à faire mais le jeune homme s’investit corps et âme. Il se lève à l’aube, travaille d’arrache pied et se construit son foyer.
Ses contacts avec le monde extérieur sont très limités, seuls Adomas son frère et la jeune et jolie Karoussié « troublent » sa tranquillité.

Cependant, l’Histoire de la Lituanie obligera notre ermite à partager sa maison. En effet le marais du Karaïbalé est craint car pour le traverser il faut en connaître parfaitement tous ses secrets. Youza, grâce à son grand-père possède cet héritage. C’est donc un lieu idéal pour se cacher ou s’enfuir.

L’avis de Julien

Un roman lituanien qui parle de la vie à la campagne de paysans au début du 20ème siècle ? Seul mon pote Oliv’ était capable de me conseiller ce bouquin. Le commencer alors en écoutant Rammstein à fond sur son enceinte et lire cette première phrase :
« Tel il s’était couché la veille au soir, les yeux rivés sur les chevrons de la fenière, après qu’il eut planté là les noces de Vintsiouné, tel Youza resta la nuit entière, le regard fixe. » ? J’avoue que j’étais plus ou moins septique. Et pourtant…

Ce roman raconte la vie de Youza, un paysan lituanien du début du 20ème siècle.
L’amour de sa vie, Vintsounié, s’est mariée avec un autre. C’est vraiment trop dur pour lui et il décide de rejoindre le Karaïbalé. Ce marais deviendra un personnage de l’histoire car notre « héros » va tout créer de ses mains. Il va semer, planter, élever des veaux, fabriquera des ruches, il va construire sa maison, ajouter des dépendances, des bains et tout ça avec ses propres mains.

Ses contacts ne se limitent plus alors qu’à son frère Adomas et sa soeur Ourchoulé. L’affection entre eux est forte mais il leur est difficile de l’exprimer et trop de culpabilité ou de rancoeur rentrés parasitent leurs relations.

  • Petite parenthèse personnelle, la lecture est souvent gênée au début du roman par une profusion de termes inusités aujourd’hui. Un petit lexique explique les termes de cette civilisation rurale. Pourtant, au fur et à mesure de l’avancée de ma lecture ces mots, de gênants, sont devenus intéressants et illustrent parfaitement l’histoire. Je tire mon chapeau, au passage à la traductrice, Denise Yuccoz-Neugnot, qui selon ce que j’ai glané sur le web s’est inspirée de patois de l’est de la France pour traduire les plantes, les marais, les pièces de la maison…

L’auteur, Youozas Baltouchis, raconte ce monde dur et exigeant où les loisirs n’existaient pas. Youza doit travailler pour survivre. Graine après graine il plante, il sème, en additionnant toutes ses connaissances sur la terre transmises par ses ainés. A force de sueur, d’hostile son petit coin en devient presque hospitalier.

Cependant la saga de Youza n’est pas qu’un livre sur la vie d’un petit paysan lituanien. Comme souvent, l’Histoire rattrape les histoires individuelles. Malgré l’isolement, le froid, la neige, les atrocités de la seconde guerre vont frapper Youza de plein fouet.

J’ai aimé dans un premier temps la manière dont notre « ermite » fait en sorte de rendre sa terre fertile. Toutes les astuces apprises de son père, son grand-père ainsi qu’un profond respect de la nature vont permettre une transformation spectaculaire du marais.
J’ai pris ensuite de plein fouet l’arrivée des différents conflits sur ce petit coin isolé.
J’ai été touché par ce superbe roman et je le recommande.

Pour briller en soirée

La Lituanie a payé, comme tant d’autres, un lourd tribut à la seconde guerre mondiale. D’abord sous occupation soviétique elle est tombée sous occupation nazie en 1940 et a vu 95 % de sa population juive être exterminée. Les populations lituaniennes non-juives ont beaucoup collaboré avec les nazis. En effet, ils tenaient les juifs comme soutien du régime soviétique.
Après la seconde guerre mondiale, la Lituanie a été de nouveau annexée par l’URSS et ce jusqu’en 1990.
A cette date, la Lituanie a enfin obtenu son indépendance comme les autres républiques socialistes soviétiques. Elle a rejoint l’UE en 2004.

Pour les sportifs, outre le basket, sport le plus populaire, les fans de l’OGCNice se souviennent peut-être du discret passage de Jankauskas, géant lituanien au palmarès assez fourni.

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