Une saison blanche et sèche

Auteur : Brink, André

Format : 421 pages

Note :

La 4ème de couverture

Ben Du Toit, un professeur d’histoire afrikaner, découvre les réalités de son pays et de l’apartheid quand Gordon, le jardinier noir de son école, et son fils sont arrêtés et meurent en prison.
Prix Médicis étranger 1980, Une saison blanche et sèche est le quatrième roman d’André Brink.
Interdit dès sa publication en Afrique du Sud, il fut traduit dans une dizaine de langues.Ecrit dans un style somptueux, riche de couleurs et d’images, c’est l’oeuvre la plus significative, la plus engagée, la plus achevée, d’un très grand romancier.

Le pitch

André Brink est mort en début d’année 2015. Je ne le connaissais malheureusement pas avant et j’en ai profité pour aller dans une grande librairie acheter Une saison blanche et sèche.

Ben du Toit mène confortablement sa petite vie en Afrique du Sud. Comme beaucoup, les « dysfonctionnements » de la société Sud Africaine ne lui apparaissent pas encore clairement et il va falloir un épisode tragique pour que ses yeux s’ouvrent.
Son jardinier noir a perdu son fils dans de tragiques conditions et il ne l’accepte pas. Il est à son tour « suicidé » en prison.

Ben ne peut le tolérer et mène l’enquête.
Toute sa conception du monde est remise en cause : même son cercle familial lui paraît alors complètement artificiel.

C’est intéressant de lire comment un homme rangé est prêt à prendre tous les risques, à risquer sa vie, pour défendre une cause qui n’est pas la sienne au départ.
Il est mis de côté par ses amis, par ses enfants mais il enquêtera jusqu’au bout.

L’avis de Julien

Aujourd’hui, alors que l’apartheid est derrière nous, que Mandela a réussi à rendre son pays plus égalitaire, j’ai apprécié de lire ce roman qui se déroulait pendant les heures les plus sombres de l’Afrique du Sud.
Je connaissais mal l’histoire de cet immense pays et seulement les grandes lignes de cette politique de séparation qu’était l’apartheid.
Avec Ben du Toit on se plonge dans l’apartheid du peuple, des petites gens. Nous sommes loin des hauts dirigeants. Nous découvrons comment les noirs étaient parqués dans des quartiers isolés, comment la justice les méprisait, comment leur vie était un enfer, comment le meurtre était facile.
La violence était sous-jacente et Ben pour défendre ses amis noirs et leurs causes ainsi qu’une certaine idée de la justice, se retrouvera d’ailleurs souvent pris entre deux feux : les blancs le détestent car il remet en cause leurs privilèges. Les noirs n’auront finalement jamais vraiment confiance en lui (lorsqu’il se rend dans un quartier noir il s’en sortira d’ailleurs de justesse).

Pour l’histoire de l’Afrique du Sud, pour la belle écriture d’André Brink et pour son engagement je te conseille évidemment ce roman.

Pour briller en soirée

André Brink, Sud Africain, a découvert lors de voyages à Paris que les noirs et les blancs y étaient traités (plus ou moins) de la même manière. Ces voyages lui ont ouvert les yeux et il s’est alors rendu compte de ce qu’était vraiment l’apartheid.
Son roman phare, une saison blanche et sèche a été interdit en Afrique du Sud à sa publication.
Ben du Toit a été joué par Donald Sutherland et l’avocat par Marlon Brando dans une adaptation cinématographique de 1989.

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