Un animal doué de raison

Auteur : Merle, Robert

Format : 506 pages

Note :

La 4ème de couverture

Bi et Fa, les deux dauphins, le regardaient, ni amicaux, ni hostiles.
– Eh bien, Bi, dit Sevilla, tu ne dis rien ?
– Maintenant, je ne parle plus. Maintenant, je nage.
– Pourquoi ?
– Je ne veux plus parler la langue des hommes.
– Moi non plus, dit Fa tout d’un coup.
– Pourquoi ? dit Sevilla en se tournant vers lui.
Fa ne répondit pas.
– Pourquoi, Bi ?
Bi le regarda alternativement de l’œil droit puis de l’œil gauche… Elle dit d’une voix criarde, nasillarde et parfaitement distincte :
– L’homme n’est pas bon.

Le pitch

Le professeur Sevilla et son équipe sont en passe de réussir à apprendre à des dauphins à parler anglais. Cette nouvelle, en plein guerre froide, provoque de nombreuses réactions. En effet, ces animaux doués de raison pourraient devenir de véritables missiles sous-marins. Il leur serait facile d’aller déposer des bombes sur des bateaux, des porte-avions ou autres engins de guerre.

Avec la guerre du Vietnam en toile de fond, tous les services américains d’espionnage et de contre-espionnage essaient de récupérer Bi et Fa, pour jouer à leurs jeux macabres.

L’avis de Julien

Robert Merle est l’un de mes auteurs préférés. Ce touche-à-tout m’a fait vibrer avec l’île, frémir avec Malevil et m’a fait m’évader dans le passé avec sa saga des Fortune de France.
Pourtant, ce roman, un animal doué de raison, ne m’attirait pas plus que ça. Je trouvais la couverture un peu trop enfantine et le concept n’avait pas forcément attiré ma curiosité.
Que des dauphins parlent, c’est en premier lieu un peu trop bizarre et quel pourrait bien en être l’intérêt ?

De plus, pendant la première phase,  j’ai été un peu perturbé par le style de l’auteur (des chapitres entiers sont sans ponctuation). J’imagine que c’était voulu et décidé par l’auteur, cependant je n’en ai pas trop compris le but (ami lecteur du blog de Cassiopée, si tu as une suggestion, je suis preneur).

Mais, et c’est là que Robert Merle est vraiment trop fort, j’ai pourtant été happé par l’histoire. Le fait que les dauphins apprennent l’anglais devient naturel et logique et l’histoire se développe sans ruptures : la phase de recherche scientifique dans un premier temps puis les incidences de ces recherches dans un second temps.

L’auteur utilise ces êtres sains, sans arrière pensée et très positifs vis à vis de l’homme pour critiquer notre société et nos gouvernements. L’homme pervertit tout et Bi et Fa ne vont pas attendre bien longtemps avant de s’en rendre compte.

Le contexte historique pesant de la guerre froide et de l’interventionnisme américaine, notamment au Vietnam est aussi mis en avant.

Enfin, le professeur Sevilla est l’archétype du héros masculin chez Merle. Beau gosse, intelligent, il attire les femmes et ne peut leur résister. Le fils de Robert Merle auteur d’une biographie de son père émet l’hypothèse que ses personnages sont des  mélanges de sa vie réelle et de sa vie rêvée.

Pour briller en soirée

La préface de Robert Merle est intéressante car il essaie d’expliquer quel est le genre littéraire de son roman : celui-ci se rapprocherait le plus de ce que l’on appellerait aujourd’hui de la politique-fiction.
En effet, plusieurs faits politiques fictionnels se déroulent dans un pays réel.
Soumission, le roman de Michel Houellebecq ou la présidente, la BD de François Durpaire et Farid Boudjellal en sont des exemples récents.

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