Bakhita

Auteur : Olmi, Véronique

Format : 464 pages

Note :

Editeur : Albin Michel

Année de parution : 2017

La 4ème de couverture

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Le pitch

Bakhita, née au Darfour dans les années1870, a été volée à sa famille à l’âge de sept ans, pour être vendue comme esclave. Elle va subir durant une dizaine d’années les souffrances de l’esclavage (oubliant tout de sa vie passée, même son prénom) puis, sera rachetée, à l’adolescence par le consul d’Italie, qui la ramènera en Europe.

Suite à de nombreuses et heureuses rencontres qui feront basculer sa vie, elle finira par être affranchie avant d’entrer dans les ordres.

Vouant l’autre moitié de sa vie à s’occuper et à apporter du réconfort à ceux qui souffrent, d’abord des orphelins, puis les soldats blessés pendant les deux guerres mondiales, Sœur Giuseppina Bakhita finira canonisée après sa mort, par Jean-Paul II.

L’avis de Marion

Bakhita, ou le destin incroyable de cette courageuse héroïne, pourrait ne sembler que pure fiction tellement son histoire est riche de malheurs et souffrances. Mais il s’agit bien d’une biographie retranscrite de façon captivante par Véronique Olmi. 
De nombreux livres ont déjà été écrits sur l’histoire de Bakhita. Dans cette version, l’auteure réussit à s’emparer du personnage et à romancer sa vie en nous projetant au cœur de l’histoire, comme si nous étions à sa place. 

J’ai particulièrement apprécié la première partie du roman, extrêmement dure et détaillée, jusqu’à l’affranchissement de Bakhita. Malgré des passages très forts et emplis de réalisme, c’est sa première moitié de vie qui m’a le plus happée, perturbée et passionnée.
Le quotidien dans les tribus africaines, la traite des noirs, le trafic d’esclaves et les souffrances subies en essayant de survivre, seule. Le sort de tous ces africains passant de maître en maître comme de la marchandise. Le petit détail ou souvenir auquel s’accrocher pour avancer malgré tout et garder espoir. Les humiliations, les violences, les croyances. L’affranchissement complexe qui doit faire l’objet d’un procès malgré l’abolition de l’esclavage. La peur de l’autre et de la différence, le racisme, même dans des lieux sacrés.
Chaque passage douloureux de la vie de Bakhita et des esclaves qu’elle va croiser, est détaillé et nous permet d’en apprendre encore davantage sur ce chapitre douloureux de l’histoire. Un témoignage supplémentaire qui complète le cultissime Racines d’Alex Haley.

La deuxième partie, moins tragique et plus spirituelle, m’a un peu moins passionnée même si la tournure que prendra Bakhita pour son autre vie nous soulage et nous émeut. Malgré la souffrance vécue elle choisira de consacrer son temps aux autres et aux orphelines notamment. Une vie pleine d’empathie, pleine d’humilité. C’est aussi cette partie plus hors du commun qui fait que ce roman sort du lot et ne représente pas un énième roman « banal » qui relate l’esclavage.

Le destin de Bakhita est déjà une puissance littéraire par son originalité. Il n’était donc pas évident de le traiter et de le retranscrire sans perdre de sa force. L’écriture de l’auteure est sobre, sans excès et sans jugement. Comme son héroïne.

Véronique Olmi rend un bel hommage à cette grande dame dont la volonté de vivre égale son immense bonté d’âme. Rendre l’inhumain, humain et purifier les âmes. Tel était son sort.
Et par ce livre, nous sommes les témoins directs de ce destin incroyable.

Citation

Les gardiens se relayaient pour le fouetter à tour de rôle, et alors c’est devenu une habitude, c’était lui et seulement lui qu’ils fouettaient, un coup après l’autre, qui accompagnaient la marche. Il avançait courbé, les genoux pliés, les bras abandonnés le long de son corps cassé. Et après des kilomètres de marche, alors que la caravane descendait l’autre côté de la colline, après avoir dénudé l’os de son épaule et arraché la peau de son dos, le fouet a pris les yeux du jeune homme en colère, qui depuis longtemps n’avait plus de colère.

Pour briller en soirée

Après toutes ses émotions, rien de mieux qu’une petite douceur. Connais-tu les origines de la Religieuse (on aurait pu choisir aussi les Pets-de-nonne…) ?

Cette gourmandise remonte au 19e siècle. Elle a été créée en 1856 dans un  célèbre café parisien tenu par un glacier napolitain : Frascati. A l’origine, le gâteau n’avait pas la même forme et évoluera au fil des années pour devenir celui que nous connaissons : un gros chou surmonté d’un autre plus petit (censé représenter la tête). Si l’origine de son nom reste floue, la raison la plus probable serait que la couleur du glaçage se rapproche de celle des robes des religieuses. 

Mais pour la religieuse, la messe est dite… la faute à l’éclair !

Abonnez-vous

Saisissez votre adresse e-mail pour recevoir une notification de chaque nouvel article.

Commentez l'article