L’écume des jours

Auteur : Vian, Boris

Format : 350 pages

Note :

La 4ème de couverture

Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant. Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre culte depuis plus de cinquante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains…

Le pitch

Il y a Colin jeune et riche qui attend l’amour. Il rencontre Chloé, tombe fou amoureux et se marie.
Chick est son ami jeune et pauvre. Celui-ci va s’éprendre d’Alise mais son amour pour cette dernière ne sera jamais aussi fort que sa passion pour Jean-Sol Partre (clin d’oeil à Sartre), obsession pour laquelle il va dépenser tous ses biens.
Il y a Nicolas, cuisinier libertin de Colin et conseiller fidèle, dont Isis tombe amoureuse.
Chaque personnage raconte sa propre histoire.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, l’un acceptant l’autre avec ses extrêmes jusqu’à ce qu’Isis tombe malade et attrape un nénuphar dans le poumon droit.

L’écume des jours est un conte poétique et complètement déroutant. Une fantaisie littéraire écrite dans une ambiance un peu surréaliste, une souris qui parle, des murs de maisons qui se rétrécissent, un piano qui fait des cocktails… les histoires se développent en parallèle, sur un fond de Nouvelles-Orléans jazzy.
Les codes sociaux sont à l’opposé des nôtres, surtout pour l’époque où il a été écrit (rédigé entre mars et mai 1946).

L’avis de Marion

J’ai été agréablement surprise par la modernité de ce roman. C’est très poétique, burlesque parfois, rempli de métaphores et de jeux de mots. Les comportements des personnages vont évoluer, leur univers aussi.

Ce roman est une grande bouffée d’oxygène et de liberté, sans contraintes et obligations. Il ne faut pas se soucier de ce que l’on devrait être mais plutôt rester ce que nous sommes.

Plusieurs thèmes sont traités : la religion, le travail, l’amitié, la musique, la société de consommation, la maladie, l’amour…
Ce dernier est représenté sous différentes formes : l’amour impossible, le grand Amour, l’amour platonique.
La mort est présente aussi. Elle vient détruire ce qui est beau et l’ambiance du roman évolue de lumineuse et légère à glauque lorsque la Mort prend le pas sur l’Amour.

Voici une note inédite que Vian songeait à insérer dans sa préface : « il y a deux périodes, celle où l’on s’habille soigneusement, et alors la vie consiste à s’habiller presque tout le temps, c’est avant qu’on soit marié, et on guette, le samedi soir, la venue du bouton qu’on aura sur le nez le dimanche, et ensuite on n’est plus tranquille, c’est-à-dire qu’on commence à avoir des malheurs parce qu’on a cessé de ne penser qu’à soi. » Elle résume plutôt bien le roman et la vision pessimiste de Vian sur l’Amour.

L’écume Des Jours est un grand classique moderne de la littérature qui ne sera reconnu en tant que tel qu’à la fin des années 60 et qui met en avant la liberté d’écriture et la créativité de l’écrivain.

A lire et à relire ! En jetant un coup d’œil sur l’annexe (explications des métaphores et jeux de mots) et peut être connaître le contexte de l’histoire. On y rentrera alors plus facilement.

Pour briller en soirée

Boris Vian est mort pendant la projection cinématographique de son livre J’irai Cracher Sur Vos Tombes. Il l’avait écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan.

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